
«Ah, tu es allée aider les pauvres!», était la réponse de la plupart des gens lorsque nous parlions de mon stage de coopération internationale en République Dominicaine. «Heu… et bien, je ne l'aurais peut-être pas formulé de cette manière…»
Pour ma part, ce stage fut d'abord et avant tout un énorme choc culturel, une situation déstabilisante où je perdais tous mes repères et où j'étais confrontée à moi-même. Ce n'est pas que je n'y étais pas préparée, non. Nous avons eu des formations de groupe où nous avions la chance de discuter de nos craintes, de nos attentes et où des gens nous avaient fait part de leurs expériences. Mais reste qu'entre la théorie et la réalité, il y a une marge. Reste qu'après plus de deux heures de route de la capitale, en s'isolant dans les montagnes, j'avais, à tort, un peu remis en question ma présence à ce stage. Reste qu'après quelques heures passées dans cette communauté de Palo de Caja, où l'humidité et la grande fraîcheur de la fin de janvier m'ont prise au dépourvu, j'ai peut-être un peu douté de ma capacité à y rester deux mois. Mais reste aussi qu'avec ces Dominicains si chaleureux et accueillants et qu'avec notre groupe incroyable, je n'ai pu faire autrement qu'ouvrir mes yeux et mon esprit à cette expérience de stage inoubliable.
Parce qu'un stage de coopération internationale en République dominicaine, c'est découvrir les hauts et les bas d'une vie de groupe avec des gens qu'on ne connaît que depuis deux mois : autant j'ai pu apprécier la force et l'appui d'un groupe ainsi que le plaisir de partager mes expériences avec ceux qui sont vite devenus mes amis, autant j'ai du apprendre à composer avec les divergences d'opinion ainsi qu'avec la promiscuité quotidienne.
Un stage, c'est aussi la beauté des montagnes à perte de vue et cette végétation florissante si différente de la nôtre. C'est découvrir le travail agricole des Dominicains avec «Paton», qui nous a appris à manier la «mocha» et à planter des pousses de café en terrain escarpé. C'est explorer un nouveau domaine en préparant des cours d'anglais ou de géographie pour les adolescents de l'école. Ou encore, vaincre sa gêne en présentant un atelier sur les MTS devant un village au complet (en espagnol, bien sûr).
Une expérience de stage, c'est en apprendre davantage sur une autre culture, et pouvoir échanger sur les différences culturelles avec les jeunes et les adultes de là-bas. C'est tenter de mieux comprendre la réalité des pays du sud, et développer une certaine capacité d'analyse, un esprit critique quant aux situations politiques et sociales qui y sont vécues.
C'est goûter à la joie de voir les sourires et les yeux pétillants des enfants pour qui nous avons préparé une fête, et découvrir à quel point notre présence est attendue et à quel point, pour quelques semaines, elle apporte un peu plus de vie au quotidien des gens de Palo de Caja.
Mais c'est aussi quitter ma deuxième famille, et des amis qui m'ont tant appris et avec qui j'ai tant partagé. Mon stage, c'est des soirées à danser la «Batchata» avec les gens du village. C'est plein de souvenirs de visages dont je me rappellerai toujours et qui me font parfois encore verser une larme de nostalgie. C'est une expérience de vie ainsi qu'un travail sur moi qui me soutiendront dans mes futurs projets.
Enfin, un stage de coopération internationale, c'est avoir le goût de s'impliquer au retour, c'est consommer de façon réfléchie et équitable. C'est sensibiliser les gens autour de soi et leur faire profiter de notre expérience.