
Je suis allée en République Dominicaine, à Palo de Caja, Nizao et Bellas Colinas et j'ai vu…
J'ai vu les montagnes si majestueuses que j'en avais le souffle coupé (et vraiment à les gravir, on a le souffle coupé!)
J'ai vu les villes bruyantes à la pollution palpable où les gens klaxonnent à toutes les occasions.
J'ai vu la brume se lever et la pluie empêcher tout transport.
J'ai vu les coquerelles et les rats qui devenaient rois la nuit venue.
J'ai vu des travailleurs acharnés entêtés à survivre du mieux et du plus fort qu'ils peuvent.
J'ai vu des poules et des coqs levés si tôt qu'on les aurait égorgés à tous les matins!
J'ai vu la mer comme dans les guides touristiques, mais les gens du pays qui ne l'ont jamais vue.
J'ai vu la solidarité et les efforts collectifs, pour améliorer le sort des gens.
J'ai vu l'hygiène dans une petite cabane et un trou en ciment pour les besoins personnels!
J'ai aussi vu des femmes qui espèrent mieux pour leur avenir et d'autres qui ont fait des sacrifices pour que ça change.
J'ai vu une ville où tout est à bâtir, où les gens ne sont pas habitués de se mettre ensemble pour être plus forts.
J'ai vu le courage de forcer tous les jours et les étoiles dans les yeux des enfants.
J'ai vu les maisons sans électricité et les batteries d'auto servir d'énergie pour regarder les romans savons, comme une religion.
J'ai vu la fierté et la générosité des gens qui ont peu et qui donnent beaucoup.
J'ai vu une place qui n'existe sur aucune carte et où pourtant des gens vivent, du mieux qu'ils peuvent.
J'ai vu les craintes de ma mère, au téléphone, quand je lui racontais mes expériences et sa fierté de m'avoir vue le faire.
J'ai vu le merengue et la bachata et tous ces styles sur un même thème!
J'ai vu mon courage de vaincre certaines peurs et d'oser le faire, malgré l'Inconnu.
J'ai vu des mères, qui n'étaient pas les nôtres et qui nous aimaient tout autant que si nous étions leurs enfants.
J'ai vu la complicité s'établir entre les femmes de chaque place avec moi et leur curiosité à savoir comment c'est " là-bas " (ailla), chez-moi!
J'ai vu les hommes qui veillaient sur nous comme si nous étions leurs précieux enfants.
J'ai vu le riz (beaucoup de riz!), le salami, le poulet et les! " habichuelas " (haricots rouges) qui m'ont fait rêver aux petits plaisirs de chez-nous!
J'ai vu les gars dans les places publiques nous faire des " psssst! " pour attirer notre attention.
J'ai vu mes petits cœurs à la cannelle que je mangeais pour me réconforter (et que je cachais pour ne pas qu'ils soient pris par les souris et les fourmis), mais j'en offrais aux amis!
J'ai vu l'étonnement des femmes qui constataient que je suis une femme libre de faire ce que je veux sans avoir de permission à demander aux hommes de mon entourage.
J'ai vu tout ça et bien plus, mais comment je pourrais réussir à tout raconter… C'est en y allant que j'ai vu qu'ici je n'avais pas tout vu…